Damien Saez – Au bar tabac du populaire

Au bar tabac du populaire,
Y a toujours la vieille qui tapine,
Le vieux discours de vieux facho :
Ah c’qu’on était bien sous franco !

Alors moi comme un vieux soldat,
Ben moi je reprends du service,
Pour expliquer aux filles de joie,
Entre les vertus et les vices.

Alors ma vieille, comment tu vas ?
Puis dis moi t’as vu un peu la France ?
La vieille misère de nos esprits,
Que toi t’aimes bien sonder ici.

Puis cette aigreur au fond des coeurs,
Des peines à jouir dans la culotte,
De celle-la qui jamais ne pleure,
Puis comment dire des vieilles salopes.

Elle tapine à tous les carr’fours,
Non elle elle connait pas l’amour,
Elle fait son blé sur la misère,
Elle vend son cul au populaire.

Ma salope dans les contre-jours,
Profondément dans l’ignorance,
Ma salope elle aime pas l’amour,
Ma salope elle s’appelle la France.

Au bar tabac du populaire,
Elle elle dit qu’elle aime pas noiches,
Les nez crochus, puis les ratons,
Ils sont tous bons pour la prison.

Alors moi comme un vieux soldat,
Ben moi je reprends du service,
Pour expliquer aux filles de joie,
Entre les vertus et les vices.

Mais ma salope, qu’est c’qu’il t’arrive ?
Dis, c’est qui qui t’a brisé l’coeur ?
Puis qu’est c’qu’il t’est donc arrivé dans l’coeur,
Pour avoir tant d’horreur ?

Alors viens un peu avec moi,
Viens voir au fond des bars tabac,
Allez viens que j’te montre un peu,
Comment ça pue en bas d’chez moi.

Elle tapine à tous les carr’fours,
Elle tapine à tous les carr’fours…

Dix ans après, puis te voilà,
Comme une vieille putain qui tapine,
Pour vendre aux fils de la misère,
Du populisme au populaire.

Putain mais tu perds la mémoire,
Puis t’as pas bien lu l’histoire,
Quand tu donnais gentille, contente,
Ton joli p’tit cul aux allemands.

Tu m’fais pitié avec ton Louvre,
Puis avec tes paysages pourris,
Par la thune et par l’ignorance
De l’illettrisme qui règne ici.

Tes gamins savent même plus parler,
L’éducation est à la rue,
« Casse toi pauv’con » à l’Elysée,
T’as vu la gueule de nos av’nues,

Faudrait nettoyer au Karsher,
Fautes de français au ministère,
Faudrait nettoyer au Karsher,
Fautes de français au ministère.

Les p’tits vendus aux financiers,
Qui viennent parler d’identité,
Ta culture a la gueule des pubs,
Ton cinéma sent la télé,
Dis qu’t'es français à l’étranger,
Tu vas voir un peu la fierté,

Mais le p’tit peuple…
Mais le p’tit peuple il est content,
Mais le p’tit peuple il est content,
De se faire mettre à tous les vents,
De se faire mettre à tous les vents,
De se faire mettre… à tous les vents,
D’aller voter pour des fascistes !
Mais s’il vous plait, anonymement.

Puis les p’tits vieux,
Les p’tits vieux qui ont peur de tout,
Qui l’ont vu à la télé,
Qu’à la ville, y a des étrangers !
Qu’ils sont dang’reux à c’qu’il parait !
Mais dans son p’tit village moisi,
Lui n’a jamais vu d’étranger,
A part son propre nom d’famille,
Ouais qui sonne pas vraiment français.

Et puis les merdes d’entre les merdes,
Et puis les merdes d’entre les merdes,
Les p’tits médias le grand théâtre,
Qui leur dress’ront le beau tableau,
De l’insécurité, mon cul,
Que c’est dang’reux de vivre en France !
Faudrait rétablir la potence !
Fais moi rire…
La peur et la paranoïa,
Pour contrôler la fourmilière.

Puis pour finir y a l’prolétaire,
De la ville ou bien de la campagne,
Qui vote à gauche, qui vote à droite,
Qui vote à droite, qui vote à gauche…
L’anarchiste est mort.

Faudrait changer l’pays.

Y a c’lui qu’a peur des fonctionnaires,
Celui là il est bon aussi…
Lui qui préfère donner son blé,
Au profit du grand tout boursier,
Plutôt qu’aux hôpitaux, pauv’con !
Qu’à ceux qui f’ront l’éducation.
Ben mon pauv’vieux…
Ben mon pauv’vieux…
C’est ton pays qui parle mal,
Et c’est ton pays qu’a plus de morale,
Puis c’est ton pays qui te licencie,
Puis c’est ton pays qui fait profit,
De tes fins d’mois où tu galères,
Du prix de ta pierre au cim’tière.

Alors mon ami je te dis :
Jusqu’à ma mort, pour mon pays,
C’est la lutte,
Mort au Fascisme,
C’est la lutte,
Mort au Capital,
C’est la lutte,
Petit bourgeois,
C’est la lutte,
Mort au combat,
C’est la lutte,
A nous mes frères,
C’est la lutte,
Enfant des terres,
C’est la lutte,
Pour l’étranger,
C’est la lutte,
On est tous français,
C’est la lutte,
Crois en l’échine,
C’est la lutte,
Au gré des salines,
C’est la lutte,
Mort aux petits rois,
De gauche à droite,
Aux petits rois,
C’est la lutte,
Mort aux petits rois,
C’est la lutte,
Mort aux petits rois

John Lennon – Working Class Hero

As soon as you’re born they make you feel small
A peine es tu né qu’ils te font te sentir petit
By giving you no time instead of it all
En te privant de ton temps au lieu de t’en donner
Till the pain is so big you feel nothing at all
Jusqu’à ce que tu aies si mal que tu ne ressentes plus rien
A working class hero is something to be
C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière
A working class hero is something to be
C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière

They hurt you at home and they hit you at school
Ils te font souffrir chez toi et te battent à l’école
They hate you if you’re clever and they despise a fool
Ils te détestent intelligent et te méprisent idiot
Till you’re so fucking crazy you can’t follow their rules
Jusqu’à ce que tu sois tellement dingue que tu ne puisses plus suivre leurs règles
A working class hero is something to be
C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière
A working class hero is something to be
C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière

When they’ve tortured and scared you for twenty odd years
Quand ils t’ont torturé et effrayé pendant une bonne vingtaine d’années
Then they expect you to pick a career
Alors ils attendent que tu te lances dans une carrière
When you can’t really function you’re so full of fear
Et si tu ne le peux pas, tu es mort de peur
A working class hero is something to be
C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière
A working class hero is something to be
C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière

Keep you doped with religion and sex and TV
ils te droguent de religion, de sexe et de télé
And you think you’re so clever and classless and free
Tu crois si malin, sans classe (sociale), si libre
But you’re still fucking peasants as far as I can see
Mais, pour autant que je sache, tu restes un putain de paysan
A working class hero is something to be
C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière
A working class hero is something to be
C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière

There’s room at the top they are telling you still
Il y a de la place en haut, qu’ils te disent encore
But first you must learn how to smile as you kill
Mais il te faut d’abord apprendre à tuer avec le sourire
If you want to be like the folks on the hill
Si tu veux vivre comme ces gens sur la colline
A working class hero is something to be
C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière
A working class hero is something to be
C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière

If you want to be a hero well just follow me
Si tu veux être un héros, alors suis-moi
If you want to be a hero well just follow me
Si tu veux être un héros, alors suis-moi

Jacques Brel – Ces gens là

D’abord, d’abord, y a l’aîné
Lui qui est comme un melon
Lui qui a un gros nez
Lui qui sait plus son nom
Monsieur tellement qu´y boit
Tellement qu´il a bu
Qui fait rien de ses dix doigts
Mais lui qui n´en peut plus
Lui qui est complètement cuit
Et qui s´prend pour le roi
Qui se saoule toutes les nuits
Avec du mauvais vin
Mais qu´on retrouve matin
Dans l´église qui roupille
Raide comme une saillie
Blanc comme un cierge de Pâques
Et puis qui balbutie
Et qui a l´œil qui divague
Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On ne pense pas, Monsieur
On ne pense pas, on prie

Et puis, y a l´autre
Des carottes dans les cheveux
Qu´a jamais vu un peigne
Qu´est méchant comme une teigne
Même qu´il donnerait sa chemise
A des pauvres gens heureux
Qui a marié la Denise
Une fille de la ville
Enfin d´une autre ville
Et que c´est pas fini
Qui fait ses p´tites affaires
Avec son p´tit chapeau
Avec son p´tit manteau
Avec sa p´tite auto
Qu´aimerait bien avoir l´air
Mais qui a pas l´air du tout
Faut pas jouer les riches
Quand on n´a pas le sou
Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On n´vit pas, Monsieur
On n´vit pas, on triche

Et puis, il y a les autres
La mère qui ne dit rien
Ou bien n´importe quoi
Et du soir au matin
Sous sa belle gueule d´apôtre
Et dans son cadre en bois
Y a la moustache du père
Qui est mort d´une glissade
Et qui r´garde son troupeau
Bouffer la soupe froide
Et ça fait des grands flchss
Et ça fait des grands flchss
Et puis y a la toute vieille
Qu´en finit pas d´vibrer
Et qu´on attend qu´elle crève
Vu qu´c´est elle qu´a l´oseille
Et qu´on n´écoute même pas
C´que ses pauvres mains racontent
Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On n´cause pas, Monsieur
On n´cause pas, on compte

Et puis et puis
Et puis il y a Frida
Qui est belle comme un soleil
Et qui m´aime pareil
Que moi j´aime Frida
Même qu´on se dit souvent
Qu´on aura une maison
Avec des tas de fenêtres
Avec presque pas de murs
Et qu´on vivra dedans
Et qu´il fera bon y être
Et que si c´est pas sûr
C´est quand même peut-être
Parce que les autres veulent pas
Parce que les autres veulent pas
Les autres ils disent comme ça
Qu´elle est trop belle pour moi
Que je suis tout juste bon
A égorger les chats
J´ai jamais tué de chats
Ou alors y a longtemps
Ou bien j´ai oublié
Ou ils sentaient pas bon
Enfin ils ne veulent pas
Parfois quand on se voit
Semblant que c´est pas exprès
Avec ses yeux mouillants
Elle dit qu´elle partira
Elle dit qu´elle me suivra
Alors pour un instant
Pour un instant seulement
Alors moi je la crois, Monsieur
Pour un instant
Pour un instant seulement
Parce que chez ces gens-là
Monsieur, on ne s´en va pas
On ne s´en va pas, Monsieur
On ne s´en va pas
Mais il est tard, Monsieur
Il faut que je rentre chez moi

Svinkels – Front contre front

Refrain:
Ding ding ding donnes l’alerte sonnes le carillon
On profite du microsillon pour scalper les nasillons
Ceux qui dans leurs sillons réssucitent la Waffen SS
Au nom de la liberté de presse y’a pas de d’ça s’discute
Faut que ça cesse
Ils s’cachent pas plus que j’cache la haine qu’ils m’inspirent
Beaucoup d’sentiments et pas tellement d’mots pour le dire
Quand 15% d’matière grasse d’viennent cinquante
Pas d’régime à la Vichy faut l’dire nique les nazis!

J’reviens plus nasillard foutre les nazis dans un corbillard
Une chasse aux sorcières j’renvois le FN dans des charters
J’ai une hémorragie de démagogie quand j’entends certaines idéologies
Ils remontent des idées haineuses comme du vomis
Un discours au vitriol comme les idées courtes à Vitrolles
J’manquerais pas un détail contre un certain bétail
Des bêta qui perdent les boulons de Vichy jusqu’à Toulon
Faut stocker ces déchets d’nazis dans des bunkers en bétons
Crevons l’deuxième oeil de Le Pen pour qu’il voit moins d’arabes
Transformons tous en noir qu’y s’réveille dans son pire cauchemar
Le mettre dans des chiottes sans papiers qu’il s’torche à la musulmane
Réhabilitons Le Pen de mort rendons le martyr comme Jeanne d’Arc
Trèves de plaisanterie dans quelle direction va la patrie
Quel est cet électorat du troisième type nostalgique du troisième Reich
Qui donne au FN 30% des voix à Trifouillis les Oies
Là où y’a que des français d’souche à la noix
On a légalisé le FN dans le sud
Comme Charles faut qu’on l’martel à Poitiers c’est sûr
Face à c’nationalisme moi j’vois peu d’civisme
Exemple aux elections à Toulon y’a cinquante pour cent d’absentionnisme
Une politique gauche et une droite qui vire vers l’extrême
Voilà les responsables et ils récoltent c’qu’ils cèment
Une classe politique pourrie fait naître un parti qui s’nourrit d’un climat moisi
Et qui nous ramène tout droit vers Vichy
J’ai passé des repas d’famille a entendre des infamies
J’connais des gens qui votent à gauche mais pensent comme Mussolini
On a appelé les immigrés on les laisse crever
Deux générations sont nées il s’auraient l’droit d’se révolter
C’est pas qu’j'suis pessimiste j’ai du mal à croire que la paix s’immisce
Dans un pays où une partie de l’armée et du corps policier est raciste
Et où en 1940 seulement un français sur mille à résister d’vant les faschistes

Refrain

On y est petit à petit s’installe l’régime facho
Sales idéaux colportés par des mecs sans scrupule
Parce que la conjoncture fait qu’la vie c’est dure
Boucémissairise tize et oublie
Mais putain moi j’oublie pas qu’t'es un connard
Et qu’pourtant dans des bleds à fortes proportions FN
J’suis même pas sûr qu’un jour dans leur vie il est déjà vu un rabza ou un reunoi jeune
Les discours genre j’suis pas raciste mais faut bien l’dire qu’ils abusent
J’abuserai de tartes dans ta gueule si t’en use
Les vieux français aiment pas qu’leur fils kiffe une négresse
Mais stressent en loose et s’branlent en douce devant Pépita
Ma haine vient d’ça et aussi des regards biaiseux et méfiants
Regarde un peu en face que j’ten colle une
Et qu’une pute m’parle d’l'effet mondial
Madame les rebeu c’est tous Zinedine Zidane
Bordel voilà pourquoi j’vais pas pleurer sur un hypocrite de commerçant peu causant d’vant un basané
Tu t’fais sauter ton cul dans une manif
Tu récoltes la haine que tu sèmes fils de chienne
Dire qu’on s’dit que c’est chaud maintenant
Mais va demander aux premiers immigrants comment ils les traitaient pire qu’des merdes
Etant conscient d’ça sachant ça putain tu m’étonnes qu’chuis fier qu’ma mère soit noire
Paraît qu’dans l’rap faut passer le message
Et ben le message c’est coup d’tête balayage pas de conscessions
Tu m’as p’têt vu m’chier dessus dans une embrouille
Mais jamais l’baisser devant une tête rasée

Refrain