Il était une fois… L’exploitation

Il était une fois un monde où « propriété » était loi. Etait religion. Tout était à vendre. Tout à acheter. Mais le mot restait tabou. La règle était pourtant admise par tous. Personne n’osa jamais la remettre en question de peur d’être exclu. Certains, bien nés, détenaient des forêts. Chaque arbre, chaque branche, chaque feuille, chaque champignon, chaque brin d’herbe était tamponné de leur écusson.

D’autres, bien plus nombreux, moins chanceux, mais travailleurs étaient autorisés à vivre, à manger, à louer des huttes pour s’abriter l’hiver, s’ils offraient leur force, leur capacité de travail aux puissants propriétaires.

Tout fonctionnait à merveille. Tous s’y retrouvaient : Les forts multipliaient les acquisitions et récompensaient gracieusement les faibles de quelques glands supplémentaires. Certains d’entre eux, à force de travail acharné arrivaient même à acheter leur propre cabane. Ceux qui remettaient en cause la légitimité divine de la propriété terminaient leur vie au ban ou peuplaient les prisons.

Mais, un jour, certains grands du monde, conseillés par de petits économes qui rêvaient de devenir grands à leur tour, se rendèrent compte que leurs biens ne croissaient pas suffisamment. Ils décidèrent donc d’améliorer le rendement de ceux dont ils détenaient l’avenir. Ils choisirent donc de ne garder que les plus travailleurs, les plus volontaires et d’écarter les rêveurs. Il y eu plusieurs vagues successives d’écrémage. Petit à petit, le nombre d’exclus s’étendait. L’échange de glands, qui faisait tourner tout le système, était de plus en plus limité : Les rejetés rêveurs ne pouvant plus rien acheter aux volontaires travailleurs. Lèves-tôt qui, pourtant, redoublaient d’effort pour gagner leur vie. Les propriétaires n’étant toujours pas repus de l’expansion de leur richesse continuèrent à exclure et exclure encore et toujours, sans cesse. Jusqu’au jour où il ne resta plus qu’une petite minorité intégrée.

La grande majorité, elle, sans travail, sans un gland en poche, eu le temps de réfléchir, de se réunir et de s’organiser pour changer les  choses. Ils appelèrent cela : Renverser l’ordre établi. Oh ! Ça ne s’est pas fait du jour au lendemain. Ça a pris du temps ! Beaucoup de temps ! La souffrance était presque devenue une habitude. Mais à chaque vague d’exclusions, leur nombre, leur force et leur volonté grandissaient.

Un beau jour de printemps, suffisamment unis, ils décidèrent de se lever. Ils décidèrent que la forêt ne pouvait être la propriété de quelques-uns et décrétèrent qu’elle appartenait désormais à tous. Les ex-puissants se trouvèrent dans l’obligation de contribuer à la cause générale en travaillant. Ils eurent bien du mal, bouffis par la quantité incroyable de glands qu’ils avaient pu ingurgiter tout au long de leur vie et les mains trop fragiles pour la cueillette. Ce ne fut, au départ, pas les plus productifs, évidemment. Mais les autres, rêveurs, les acceptèrent tels qu’ils étaient et le monde continua de tourner.

Finalement L’exploitation de l’écureuil par l’écureuil disparut définitivement.

Goldman Sachs, les nouveaux maîtres du monde (documentaire)

Jean-Luc Léon, réalisateur du documentaire diffusé sur Canal+, est allé à la rencontre de différents spécialistes de la « banque d’investissement », Goldman Sachs. Ceux-ci l’ont tous étudié de près voire ont travaillé directement en collaboration avec la banque. Ce documentaire raconte et tente d’expliquer comment les banquiers de Goldman Sachs ont au cours des 20 dernières années réussi à envahir tous les lieux de pouvoir et d’influence, qu’ils soient situés en Europe, aux USA ou dans le reste du monde.

Si vous n’avez pas le temps de tout regarder, nous vous conseillons d’écouter le témoignage, à la 42ème minute et 27 secondes, de Chris Hedges. Cet intellectuel américain, ancien correspondant de guerre et lauréat du prix Pulitzer, qui a démissionné du New-York Times pour garder son entière liberté, témoigne des pratiques et de la mentalité globale des banquiers de Goldman Sachs (et des autres banques too big to fail). Il choisit sciemment un angle plus politique et propose de mettre en exergue la déviance aristocratique de la démocratie actuelle contrôlée par les plus grands financiers et leur vision affranchie d’oligarchie capitalistique mondiale.