L’Europe : Prix Nobel de la paix.

L'Europe Prix Nobel de la paix

« Un p’tit blanc pour moi et mon pote patron.
- Au fait, t’as vu l’nouveau nobel de la paix ?
- Ouais, j’ai vu ça au JT ouais. Eurote ou Euroque … j’sais plus bien mais j’vois sa tronche ouais.
- Europe ouais. C’est chelou non ?
- Bah, de c’qu’a dit Pujadas, le mec est né pour ça.
- Ouais, de loin quoi. Tu l’croises dans la rue, tu t’dis pourquoi pas. Mais t’as vu son scanner ?
- Non ?
- Mec, il est malade ! Pourri d’l’intérieur. Une vraie guerre la d’dans ! Son intestin est rempli à ras bord ! Complétement gonflé. Tendu. A la limite de l’explosion. Il est carrément r’monté jusqu’au cœur. Le cœur, il lui reste quasiment plus d’place pour battre. Même les poumons sont écrasés. Ils ont perdu j’sais plus combien d’pourcentage d’leur capacité respiratoire. C’est une boucherie quoi…
- Ho putain…
- Et 2 p’tits blancs su’l’comptoir !
- Ouais mon pote ! C’est vraiment chaud ! Il en veut toujours plus le gros. Il lâche rien quoi !
- Mais les organes entre-eux, ils pourraient pas faire pression ? Genre tous ensemble…
- Bah les Organes, ma gueule, ils pensent qu’à leur tronche. T’as l’estomac, la vésicule et la rate qui sont dans la merde. Et jusqu’au cou quoi. Mais bon, après, t’as l’foie et l’pancréas qui s’en sortent encore. Ils surnagent tout juste. Du coup ils en ont rien à foutre.
- Ho mais merde… Et les globules ? Qu’est c’qu’ils branlent les globules ?
- Bah, les globules ? T’en as certains qui résistent, les rouges, mais c’est dur hein ! Ils organisent 2-3 manifs par-ci par-là, c’est tout. Et les autres – la plupart quoi – ils ont peur. Ils écoutent pas. Ils veulent pas savoir. Comme les organes en fait. Ils pensent qu’ils pourront sauver leur p’tite gueule.
- Bordel… Et nous qu’est c’qu’on peut faire ?
- Bah c’est tendu tu vois, mais j’ai ma p’tite idée : Un bon gros coup d’genou dans l’bide, comme ça, au niveau d’l’intestin. Le gros. Qu’on lui file la chiasse. On l’force à s’vider. Et alors, les poumons eux, ils pourront s’gonfler à fond d’cale. Et l’cœur qui va avec. Le cœur lui, il pourra battre. Il battra d’un rouge éclatant. De là, tous les organes, ensemble, retrouveront leur espace, leur liberté. Les globules leur souveraineté ! C’est Jouable non ?
- Ouais serré ! Mais si j’lui tiens les pattes, c’est jouable ouais.
- Patron la même ! »