Austérité quand tu crois…

Faut croire que faire croître l’austérité fera revenir la croissance. Qui l’eut cru ? Ou qui y croit encore ? Jean-François Kahn, peut-être, quand il déclare, les mains crispées, la veine au cou, au soir de l’intervention de notre président, que rigueur et croissance sont évidemment et implacablement compatibles. Il y croit. Il en est idéologiquement persuadé. Dur comme fer. Tout le plateau le croit d’ailleurs. Là-dessus nous ne discuterons pas. Nous ne parlerons que de la com’ : François a-t-il voulu à 27mn32 avoir l’air d’un chef de guerre quand il a dit « je » en regardant Pujadas dans le fond du blanc des yeux et les sourcils à 45° ? Je vous le demande !

La croissance n’est donc envisageable que si rigueur est de mise. Mais la rigueur pour qui ? Pas pour ses évangélistes… Non, non, non… Pour ceux d’en bas : Les moches, les sales, les engourdis. Ceux qui refusent encore de comprendre que la souffrance est rédemptrice. Pas de crises au paradis mes frères !  Mater Dolorosa !

Ouais, nous, on n’a pas fait l’ENA. On n’a pas fait HEC. On n’est pas normalien…. Mais on a lu la quatrième de couv’ du Capital ! Et Z’êtes sans doute mal tombé parce qu’on n’avale pas vos salades. On a bien compris que l’économie ça se pense « global ». Que si tu baisses le pouvoir d’achat des salariés, ils consommeront moins - entraînant une baisse des recettes des entreprises - entraînant des vagues de licenciement - entraînant une baisse de consommation – entrainant une baisse du pouvoir d’achat etc. etc. etc.

La spirale infernale de l’austérité est en marche. Comment ne le voient-ils pas ? Considèrent-ils dans leurs tableaux Excel que consommateurs et salariés soient 2 socio-types différents ? Ou ne pensent-ils à rien d’autre qu’à poursuivre leur croisade néo-libérale coûte que coûte, par pur obscurantisme fanatique et comptable ?

Chers prêtres d’un nouveau monde où Roi Marché gouverne,
Entendez notre cri : Nous n’accepterons jamais vos conditions.

Grèce : A l’austérité, le peuple résiste par les flammes

Le nouveau plan de rigueur a été adopté la nuit dernière, par les députés. Il prévoit une baisse de 22% du salaire minimum, le passant donc à 586 € bruts sur 14 mois et la suppression de 15 000 postes publics.

Près de 100 000 manifestants ont encerclé le Parlement avant d’en être expulsés par les forces de police.

Les principales photos circulant sur Twitter durant la nuit :

Peuple Grec… NOUS TE SOUTENONS !

La France maintient son triple A

AAAlléluia mes frères, la France reste première de la classe après l’intervention de notre lèche-bourses préféré : François Fillon aka Mister Rigueur. On a eu chaud ! Mais c’est finalement sous une pluie d’applaudissements, qu’il a annoncé à son peuple, sans grelotter des rotules, une soumission absolue au dictat des marchés financiers. Ce serait donc le seul moyen d’échapper à la faillite ! Nous voilà reparti comme en 45 mais sans ticket de rationnement. Merci Moody’s.

Et le petit peuple dans tout ça ? Celui qui se déplace pour déposer des bulletins dans des urnes quand on le lui demande ? Il en pense quoi ?

« On s’en fout bordel ! Le peuple est trop con ! Il ne pense qu’à lui et à ses avantages ! Son égoïsme l’empêche de prendre les bonnes décisions. Il serait capable de refuser l’asservissement, voire de définitivement couler l’utopie Libérale. C’est ça qu’vous voulez ? Allons allons, Messieurs. Soyez raisonnable. Laissez faire les grandes personnes. On vous dira c’qu’y faut savoir. »