John Lennon – Working Class Hero

As soon as you’re born they make you feel small
A peine es tu né qu’ils te font te sentir petit
By giving you no time instead of it all
En te privant de ton temps au lieu de t’en donner
Till the pain is so big you feel nothing at all
Jusqu’à ce que tu aies si mal que tu ne ressentes plus rien
A working class hero is something to be
C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière
A working class hero is something to be
C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière

They hurt you at home and they hit you at school
Ils te font souffrir chez toi et te battent à l’école
They hate you if you’re clever and they despise a fool
Ils te détestent intelligent et te méprisent idiot
Till you’re so fucking crazy you can’t follow their rules
Jusqu’à ce que tu sois tellement dingue que tu ne puisses plus suivre leurs règles
A working class hero is something to be
C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière
A working class hero is something to be
C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière

When they’ve tortured and scared you for twenty odd years
Quand ils t’ont torturé et effrayé pendant une bonne vingtaine d’années
Then they expect you to pick a career
Alors ils attendent que tu te lances dans une carrière
When you can’t really function you’re so full of fear
Et si tu ne le peux pas, tu es mort de peur
A working class hero is something to be
C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière
A working class hero is something to be
C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière

Keep you doped with religion and sex and TV
ils te droguent de religion, de sexe et de télé
And you think you’re so clever and classless and free
Tu crois si malin, sans classe (sociale), si libre
But you’re still fucking peasants as far as I can see
Mais, pour autant que je sache, tu restes un putain de paysan
A working class hero is something to be
C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière
A working class hero is something to be
C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière

There’s room at the top they are telling you still
Il y a de la place en haut, qu’ils te disent encore
But first you must learn how to smile as you kill
Mais il te faut d’abord apprendre à tuer avec le sourire
If you want to be like the folks on the hill
Si tu veux vivre comme ces gens sur la colline
A working class hero is something to be
C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière
A working class hero is something to be
C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière

If you want to be a hero well just follow me
Si tu veux être un héros, alors suis-moi
If you want to be a hero well just follow me
Si tu veux être un héros, alors suis-moi

Jacques Brel – Ces gens là

D’abord, d’abord, y a l’aîné
Lui qui est comme un melon
Lui qui a un gros nez
Lui qui sait plus son nom
Monsieur tellement qu´y boit
Tellement qu´il a bu
Qui fait rien de ses dix doigts
Mais lui qui n´en peut plus
Lui qui est complètement cuit
Et qui s´prend pour le roi
Qui se saoule toutes les nuits
Avec du mauvais vin
Mais qu´on retrouve matin
Dans l´église qui roupille
Raide comme une saillie
Blanc comme un cierge de Pâques
Et puis qui balbutie
Et qui a l´œil qui divague
Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On ne pense pas, Monsieur
On ne pense pas, on prie

Et puis, y a l´autre
Des carottes dans les cheveux
Qu´a jamais vu un peigne
Qu´est méchant comme une teigne
Même qu´il donnerait sa chemise
A des pauvres gens heureux
Qui a marié la Denise
Une fille de la ville
Enfin d´une autre ville
Et que c´est pas fini
Qui fait ses p´tites affaires
Avec son p´tit chapeau
Avec son p´tit manteau
Avec sa p´tite auto
Qu´aimerait bien avoir l´air
Mais qui a pas l´air du tout
Faut pas jouer les riches
Quand on n´a pas le sou
Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On n´vit pas, Monsieur
On n´vit pas, on triche

Et puis, il y a les autres
La mère qui ne dit rien
Ou bien n´importe quoi
Et du soir au matin
Sous sa belle gueule d´apôtre
Et dans son cadre en bois
Y a la moustache du père
Qui est mort d´une glissade
Et qui r´garde son troupeau
Bouffer la soupe froide
Et ça fait des grands flchss
Et ça fait des grands flchss
Et puis y a la toute vieille
Qu´en finit pas d´vibrer
Et qu´on attend qu´elle crève
Vu qu´c´est elle qu´a l´oseille
Et qu´on n´écoute même pas
C´que ses pauvres mains racontent
Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On n´cause pas, Monsieur
On n´cause pas, on compte

Et puis et puis
Et puis il y a Frida
Qui est belle comme un soleil
Et qui m´aime pareil
Que moi j´aime Frida
Même qu´on se dit souvent
Qu´on aura une maison
Avec des tas de fenêtres
Avec presque pas de murs
Et qu´on vivra dedans
Et qu´il fera bon y être
Et que si c´est pas sûr
C´est quand même peut-être
Parce que les autres veulent pas
Parce que les autres veulent pas
Les autres ils disent comme ça
Qu´elle est trop belle pour moi
Que je suis tout juste bon
A égorger les chats
J´ai jamais tué de chats
Ou alors y a longtemps
Ou bien j´ai oublié
Ou ils sentaient pas bon
Enfin ils ne veulent pas
Parfois quand on se voit
Semblant que c´est pas exprès
Avec ses yeux mouillants
Elle dit qu´elle partira
Elle dit qu´elle me suivra
Alors pour un instant
Pour un instant seulement
Alors moi je la crois, Monsieur
Pour un instant
Pour un instant seulement
Parce que chez ces gens-là
Monsieur, on ne s´en va pas
On ne s´en va pas, Monsieur
On ne s´en va pas
Mais il est tard, Monsieur
Il faut que je rentre chez moi

Documentaire : Goldman Sachs – La banque qui dirige le monde

Plus qu’une banque, Goldman Sachs est un empire invisible riche de 700 milliards d’euros d’actifs, soit deux fois le budget de la France. On l’appelle « la Firme », comme dans les romans d’espionnage des années 1980. Après s’être enrichie pendant la crise des subprimes en pariant sur la faillite des ménages américains, elle a été l’un des instigateurs de la crise de l’euro en maquillant les comptes de la Grèce puis en misant contre la monnaie unique. Un empire de l’argent sur lequel le soleil ne se couche jamais, qui a transformé la planète en un vaste casino. Grâce à son réseau d’influence unique au monde, et son armée de 30 000 moines-banquiers, Goldman Sachs a su profiter de la crise pour accroître sa puissance financière, augmenter son emprise sur les gouvernements et bénéficier de l’impunité des justices américaine et européennes.

(France, 2012, 75mn)
ARTE F

Charles Bukowski – Dinausoria We

Dinosauria, We

Born like this
Into this
As the chalk faces smile
As Mrs. Death laughs
As the elevators break
As political landscapes dissolve
As the supermarket bag boy holds a college degree
As the oily fish spit out their oily prey
As the sun is masked
We are
Born like this
Into this
Into these carefully mad wars
Into the sight of broken factory windows of emptiness
Into bars where people no longer speak to each other
Into fist fights that end as shootings and knifings
Born into this
Into hospitals which are so expensive that it’s cheaper to die
Into lawyers who charge so much it’s cheaper to plead guilty
Into a country where the jails are full and the madhouses closed
Into a place where the masses elevate fools into rich heroes
Born into this
Walking and living through this
Dying because of this
Muted because of this
Castrated
Debauched
Disinherited
Because of this
Fooled by this
Used by this
Pissed on by this
Made crazy and sick by this
Made violent
Made inhuman
By this
The heart is blackened
The fingers reach for the throat
The gun
The knife
The bomb
The fingers reach toward an unresponsive god
The fingers reach for the bottle
The pill
The powder
We are born into this sorrowful deadliness
We are born into a government 60 years in debt
That soon will be unable to even pay the interest on that debt
And the banks will burn
Money will be useless
There will be open and unpunished murder in the streets
It will be guns and roving mobs
Land will be useless
Food will become a diminishing return
Nuclear power will be taken over by the many
Explosions will continually shake the earth
Radiated robot men will stalk each other
The rich and the chosen will watch from space platforms
Dante’s Inferno will be made to look like a children’s playground
The sun will not be seen and it will always be night
Trees will die
All vegetation will die
Radiated men will eat the flesh of radiated men
The sea will be poisoned
The lakes and rivers will vanish
Rain will be the new gold
The rotting bodies of men and animals will stink in the dark wind
The last few survivors will be overtaken by new and hideous diseases
And the space platforms will be destroyed by attrition
The petering out of supplies
The natural effect of general decay
And there will be the most beautiful silence never heard
Born out of that.
The sun still hidden there
Awaiting the next chapter.

Jean Ferrat – Dans la jungle ou le zoo


Ainsi donc ainsi donc
Il n’y aurait plus rien à faire
Qu’à mettre la clé sous la porte
De ce château sombre et désert
Où gisent nos illusions mortes
Ainsi donc ainsi donc
Vite fait serait l’inventaire
De ces chambres abandonnées
Aux lits recouverts de poussière
Aux parquets noirs de sang séché
Et sur les carreaux des fenêtres
On pourrait écrire à la craie :
« Tout demain devra disparaître
Des choses que l’on a cru vraies »
Et dans ce monde à la dérive
Pareils aux autres animaux
Nous n’aurions d’autre choix pour vivre
Que dans la jungle ou dans le zoo

Ainsi donc ainsi donc
Il n’y aurait plus rien à voir
Circulez mais circulez donc
Ainsi finirait notre histoire
Sous le poids des malédictions
Ainsi donc ainsi donc
Faudrait faire amende honorable
Raser les murs courber le dos
Se résigner au pitoyable
Errer de goulags en ghettos
Tout ne serait que simulacre
Toute espérance sans lendemain
Rien ne servirait de se battre
Pour un monde à visage humain
Il faudrait brûler tous les livres
Redevenir des animaux
Sans avoir d’autre choix pour vivre
Que dans la jungle ou dans le zoo

Ainsi donc ainsi donc
Contre la faim contre la haine
Contre le froid la cruauté
De la longue quête incertaine
Pour affirmer sa dignité
Ainsi donc ainsi donc
Il nous faudrait tout renier
De la bataille surhumaine
Que depuis l’âge des cavernes
L’homme à lui-même s’est livré
Ne tirez pas sur le pianiste
Qui joue d’un seul doigt de la main
Vous avez déchiffré trop vite
« La musique de l’être humain »
Et dans ce monde à la dérive
Son chant demeure et dit tout haut
Qu’il y a d’autres choix pour vivre
Que dans la jungle ou dans le zoo
Qu’il y aura d’autres choix pour vivre
Que dans la jungle ou dans le zoo